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Partie le 25 février de Mojacar (sud de Cartagène, en Espagne), Véronique Rufi est rentrée à Grandvaux le 5 octobre après un périple de 3200 km, effectué avec ses chevaux Lady et Gaucho.

Un voyage pas commun, alors on aimerait bien en savoir d'avantage…

Pas évident au début. Se retrouver seule à plus de 2000 km de la maison, dans une région totalement inconnue…Malgré les cours d'espagnol suivis avant le départ, les gens ont un accent local difficile à comprendre. Il n'y a pas de cartes précises et les villages sont espacés de 20-30 km, les bergers sont souvent les seules personnes que l'on rencontre, alors faut pas oublier de leur demander le chemin. Finalement l'orientation dans ces espaces déserts s'avère assez simple, souvent il n'y a qu'un chemin ou bien on suit un cours de d'eau. Petit à petit on prend le rythme, un lien particulier se crée avec les chevaux et chacun prend sa place au sein du groupe - une sorte d'osmose s'installe.

Dans certaines régions, il n'y a pas de chevaux, on ne trouve pas de foin et la paille doit être importée. Les chèvres et les poules consommant aussi du grain, on parvient à en trouver, mais il faut également un aliment de ballast. Quand il n'y a pas de paille, le menu s'enrichit en joncs, feuilles de palmier, roseaux et rarement un peu d'herbe. Ainsi 2-3 heures de recherches et discussions sont souvent nécessaires pour trouver l'aliment et un toit pour dormir, en effet, il est fortement déconseillé de camper à cause du risque de vol des chevaux. Ce sont alors souvent les garages qui font office de cinq étoiles pour les voyageurs à quatre et à deux jambes.

Après Séville c'est plus facile, le chemin de St.Jacques de Compostelle est jalonné d'auberges pour les pèlerins.

En France tout devient plus simple, on peut camper sans problème, et puis il est tout de même plus aisé de parler français…

 

En plus de 7 mois de voyages, se dit-on, il y a forcément eu des problèmes…

En Extremadura, Gaucho a marché sur un clou. Comme c'est presque inévitable dans ce genre de cas, le lendemain, le pied s'infectait il a fallu trouver une clinique pour le soigner.. ça risquait d'être long, alors un cheval de prêt a permis à Véronique de continuer le voyage. Un maréchal rencontré au hasard du chemin avait proposé de garder Gaucho le temps qu'il se remette complètement. Après un peu plus de 2 semaines, Gaucho a ainsi pu retrouver sa place. Un peu plus loin, Lady a attrapé une pneumonie qui a nécessité une semaine de repos. Mais finalement il n'y a rien eu de grave qui aurait pu compromettre la poursuite du voyage

 

Après 7 mois de voyage, il doit rester des souvenirs marquants…

"Le bonheur du voyage, ce ne sont pas des faits particulièrement marquants, ce sont les petites choses simples au quotidien: Gaucho qui passe le nez par la tente le matin, des gens qui n'ont pas grand chose, mais t'offrent l'hospitalité, quelqu'un qui te montre l'itinéraire en voiture pour être sûr que tu ne te trompes pas de chemin.

C'est aussi la rencontre des personnes, le berger qui t'appelle car ça fait des semaines qu'il n'a vu personne, une descendante des Habsbourg qui vit dans un château ou l'on a conservé les manières d'antan, un paysan qui transhume avec ses 200 vaches…"

Enfin, ce sont des paysages splendides comme la Sierra Degradas avec les genêts en fleurs qui contrastent avec les montagnes enneigés en fond, c'est des instants magiques comme lorsque les rues se remplissent de cavaliers en costumes de parade lors la Ferria de Jerez - un grand moment de couleur !

Finalement la vie de voyageur est simple et se résume à l'essentiel: trouver l'itinéraire, trouver à manger et à boire, trouver un endroit pour dormir. La simplicité de ces actions permet d'encore mieux apprécier les richesses du voyage.

 

Et le retour en Suisse ?

Comme le voyage allait en direction de la maison, on arrive petit à petit dans un environnements plus civilisé, dans des régions plus familières, le retour est très progressif et un matin on se réveille à la maison.

Dans les premiers temps il y a beaucoup à faire, ce n'est que plus tard que survient une certaine nostalgie…. Mais la vie en Suisse est bien aussi, Lady et Gaucho ont trouvé une écurie chez Véronique .. après une telle aventure, on continue à partager le quotidien !

Le problème des rêves comme des projets est que lorsqu'ils se réalisent, ils ne sont plus ni rêves ni projets, il faut donc en trouver de nouveaux. Ainsi le prochain voyage est en train de se dessiner dans sa tête, peut-être même un peu plus que ça, puisque les cartes sont déjà commandées .. mais on ne vous dira pas lesquelles.

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